🌱 Environnement & climat · Source : ANSES — Agence nationale de sécurité sanitaire ·

Comprendre les consignes données aux populations lors des feux de forêt

Comprendre les consignes données aux populations lors des feux de forêt


maryse.chabali…

lun, 10/08/2026 - 10:55


Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.Les incendies de végétation de grande ampleur, comme ceux qui ont touché la Gironde cet été 2026, gagnent du terrain de façon inédite. Plus de 220 000 personnes ont été évacuées en raison de leur proximité et les seuils d’information et/ou d’alerte pour les particules (PM¹⁰) ont été dépassés dans trois départements. Ceci témoigne d’une dégradation de la qualité de l’air pouvant être dangereuse pour la santé.Pour protéger efficacement les populations des effets sanitaires des feux de forêt, les autorités peuvent être amenées à formuler un certain nombre de recommandations. Quelles sont les principales consignes données aux populations et sur quelles bases s’appuient-elles ? Pour le comprendre, il faut d’abord rappeler ce que contiennent les fumées des feux de forêt et en quoi celles-ci menacent la qualité de l’air. Certaines consignes clés doivent être suivies pendant et juste après les incendies bien sûr, mais il ne faut pas oublier non plus la prévention ni le retour au domicile.Cet article s’appuie sur les travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Et notamment, sur l’état des lieux des consignes en cas d’incendie de végétation de grande ampleur pour la protection de la santé des populations précédemment établi par l’agence, auquel nous avons contribué.Davantage de zones à risque de « mégafeux » du fait du changement climatiqueLes incendies de végétation de grande ampleur, parfois qualifiés de « mégafeux », atteignent désormais des dimensions et génèrent des effets qui dépassent le cadre habituel d’action des sapeurs-pompiers. De ce fait, ils peuvent provoquer de véritables réactions en chaîne.À l’horizon 2050, une intensification des feux et une extension géographique des surfaces brûlées sont prévues. Cela devrait se traduire par des surfaces brûlées plus importantes, susceptibles de se généraliser à l’ensemble du pays, une fréquence plus élevée de départs de feux et un allongement de la saison des feux.Plusieurs facteurs participent à ce phénomène :le changement climatique, avec l’élévation des températures moyennes, la multiplication des épisodes caniculaires, l’assèchement des végétaux et la diminution des précipitations ;la détérioration de l’état de santé des forêts, liée au manque d’entretien des forêts privées représentant 75 % des forêts de France hexagonale, à la déprise agricole et à la prolifération de parasites ;l’urbanisation croissante à proximité des espaces forestiers, qui augmente les interfaces avec la forêt : les populations sont davantage exposées aux risques de feux de végétation et les risques de départs de feux sont accrus.Les fumées, source de pollution de l’air à grande échelleBien que la qualité de l’air se soit améliorée en Europe et en France depuis les années 1990, la contribution des feux de forêt à la dégradation de la qualité de l’air n’a cessé de croître sur cette même période. Les feux de végétation altèrent – au moins temporairement – la qualité de l’air en raison d’émissions particulaires et gazeuses. Celles-ci seraient plus toxiques que la pollution de fond du fait de leur composition complexe.Dans les zones exposées aux panaches de fumée des feux de forêt, les particules en suspension constituent un indicateur clé pour évaluer l’impact de ces événements sur la qualité de l’air. Les particules fines représentent environ 80 % d’entre elles, mais ces particules présentent une grande diversité de taille et de composition.Pour ce qui est de la taille, on retrouve : les cendres (particules de grande taille), les PM10 (de diamètre aérodynamique médian inférieur ou égal à 10 micromètres), les particules fines PM2,5 (inférieur ou égal à 2,5 micromètres) et les particules ultrafines (inférieur à 0,1 micromètre).De très nombreuses substances sont recensées dans la composition des fumées : monoxyde de carbone (CO), dioxyde de carbone (CO₂), composés organiques volatils (COV), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), métaux lourds, oxydes d’azote (NOx), etc. La composition des fumées dépend de la distance à l’incendie, mais également de l’atteinte de combustibles non naturels comme des bâtiments ou des véhicules routiers qui, en brûlant à leur tour, vont modifier la composition des fumées.Les particules issues des feux de forêts en France et en Espagne ont été transportées sur de grandes distances. Nasa, 2026.Toutes ces particules peuvent alors voyager (on parle de « transport atmosphérique ») au gré des vents, sur des centaines – voire des milliers de kilomètres. Plusieurs facteurs, incluant la météorologie, le stade du feu et le terrain, peuvent influencer le comportement du feu et la propagation du panache de fumée.En France, la surveillance de la qualité de l’a

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